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Le Blog de soupir0
10 juin 2008
Blah n° 22 : Et puis... plus rien?
Et ben... Y'a de la poussière ici. Faut dire, ça fait un bout de temps que le proprio n'est pas venu. Voire même peut-être personne, qui sait?
En tout cas je remercie Myblog.fr de ne pas supprimer les comptes, ça m'évite de perdre tous ces petits écrits, dont certains m'arrachent un sourire condescendant: "C'est vraiment moi qui ai écrit ça??", "Ouah j'me rappelle de cette époque, je pétais totalement les plombs", ...
Au bout du compte, dire qu'un blog est personnel prend maintenant un peu de sens. Ca me sert surtout à ne pas oublier, à réaliser l'ampleur du chemin parcouru et du temps passé. Un peu scary...
Car voilà, j'ai eu 21 ans il y a une semaine. "Déjà", et "enfin" (comme à chaque année passée). A moi les cuites légales aux Etats-Unis, youpi!
En réalité, l'important c'est demain.
Même pas au sens symbolique : demain c'est le concert de Radiohead. Celui qu'on s'était jurés de voir ensemble, Quentin, Jean-Yves et moi. On avait tout juste 16 ans, on était allongés sur une route en pleine nuit à regarder les étoiles, et on s'est plus ou moins tacitement promis d'y être, tous les trois.
Demain mettra donc fin à cette période d'attente, à toute cette amitié figée dans le temps malgré les événements; les promesses seront exaucées, tout sera balayé et il ne restera plus rien. Plus rien qu'un terrain vide et des briques à disposer comme bon nous semblera. A nous de construire le futur que l'on veut, de renouveler l'amitié ou de l'observer faner à l'ombre de nos nouvelles vies.
C'est fou comme la vie peut tenir à rien. Comme un simple concert comme il y en a des milliers chaque jour peut prendre de sens, et modifier toutes les perceptions que l'on a vis-à-vis du monde, vis-à-vis des autres, vis-à-vis de soi...
Demain ma jeunesse meurt, et nous trois célèbrerons l'avenir.
Avec tous nos pleurs et tous nos rires, pour le meilleur... et pour le pire.
12 juillet 2007
Blah n° 21 : Et de 3!
Je me souviendrai d'elle comme étant ma première fois...


La première fois qu'on me fait cocu.

Et de belle manière, s'il vous plaît! Trois fois (au moins, j'suis peut-être pas au courant de tout), et bien dispersées sur toute la durée de notre relation. Il ne reste plus beaucoup de moments dont je puis dire qu'ils constituent "les plus beaux de ma vie", comme je le minaudais avec ignorance dans mes précédents articles.

Mais il convient de tempérer mes propos.

Prenons dans l'ordre : celui qui m'atteint le moins, c'est le dernier, cet inconnu qui a surgi à un moment où notre couple battait un peu de l'aile. Celui-là, je peux comprendre les mensonges, il y a un contexte. Je peux comprendre l'envie d'autre chose après des mois difficiles. Je l'accepte, et  lui souhaite tant qu'à faire autant de bonheur que moi j'ai pu en ressentir (Putain j'suis pas gentil à moitié, moi...).

Après ça, il y a Quentin. LE Quentin, mon meilleur ami. Ici, rien de physique (paraît-il, ne nous avançons pas trop), uniquement une espèce de "coup de cœur" passager qui n'a d'ailleurs mené à rien, une amourette qui a failli causer notre perte et qui s'est dissipée comme le vent.
Là-dessus, j'encaisse moins bien. Parce que j'estime que c'est bien sympa les coups de cœur, mais qu'il faut savoir reconnaître quand ce n'est que ça, et ne pas faire des promesses à la légère. Cette histoire est un peu ridicule, et le fait qu'on me dise que c'est lui qui a insisté pour couper les ponts m'agace un peu.

Parce qu'il y a une tierce personne, dans tout ça! Elle s'appelle la rumeur. Elle déforme les faits, amplifie les propos, va même peut-être jusqu'à inventer des histoires... Avec toujours le même refrain : "Ne lui parle plus, c'est pas bon pour toi, fuis aussi loin que possible d'elle, etc."

Ca se tient. C'est vrai, c'est ce que n'importe qui ferait. Mais non. J'y reviendrai.

Car il en manque un. Le pire de tous. Quelqu'un que je vois chaque fois que je vois mes amis, mais qui n'en est pas un. Quelqu'un que j'estime en dessous de tout, que je vois comme un inadapté social tant à cause de sa mégalomanie que de son manque de maturité.
Et celui-là, après des mois délicieux, des week-ends entiers au lit faits de promesses et  de rêves, d'un seul coup, elle serait partie se l'envoyer.
Quelques heures après qu'on se soit revus, en plus. Mais bordel, pourquoi? Qu'est-ce que t'avais besoin d'aller faire ça, quoi que ce soit que tu aies fait? Comment peut-on revenir vers un enfoiré pareil, un égoïste notoire après tout ça? Sans parler de l'improbable week-end d'octobre...

Bref, selon notre copine la rumeur, je devrais me casser. Partir en crachant sur cette relation, penser que j'ai gâché un an et demi de ma vie avec quelqu'un que je n'ai jamais réussi à satisfaire, malgré tous mes efforts, et qui a tout ruiné elle-même.

Attendez voir. Ce serait pas un peu simpliste comme vision? Ah si si si. Parce que je sais que je n'étais pas avec une malade mentale, que tout ça n'était pas une vaine mascarade. D'accord, la majeure partie de notre relation est entachée d'histoires moches et de non-dits. Mais il reste un îlot d'espoir, quelques périodes de plusieurs mois où j'ai touché du doigt un bonheur indicible et inoubliable.

Elle n'est pas stable, d'accord. Et j'ai l'atroce sentiment qu'elle faisait tout ce qu'elle voulait sous couvert de "Bwof, il ne saura jamais".  Mais ce n'est pas aussi simple.
J'espère rester dans les parages, pour garder les souvenirs, pour les rires et tout simplement la bonne entente qu'il y aura toujours entre nous.

Mais tout ceci dépend d'une chose : le fameux week-end d'octobre. Je découvrirai la vérité, d'une façon ou d'une autre, et j'espère que tout le monde finira par assumer et ne plus se cacher derrière des "peut-être, je sais pas trop". Je veux la croire un peu plus innocente que ce qu'on me raconte et qui semble ne pas avoir de fondement. et par-dessus tout, j'en ai assez des versions qui se contredisent.

Cela va vous paraître stupide mais j'ai beau être solide, je ne suis pas incassable...

Peut-être déjà brisé.



*Je me souviendrai d'elle comme étant ma première fois....
...pour bien d'autres choses que cela.*
25 mai 2007
Blah n°20 : Silence et continuité.
C'était le 18 mai 2007, dans une chambre violette à la lumière peu présente, une chambre infestée d'acariens et environnée de cris.

Nous avons parlé, et c'était fini.

Elle a pris la parole. Ca a toujours été comme ça.
Et pourtant nous étions d'accord : pendant toutes ces épreuves je me suis demandé si j'étais sûr de mon choix, comment lui annoncer, dans quelles circonstances... Elle attendait patiemment ce week-end, depuis longtemps elle aussi, et elle a parlé.

Quand aurais-je le courage de passer à l'acte? Notre premier soir, c'était elle. Nos divergences, nos réconciliations, c'était elle. Notre séparation prématurée, et le recommencement , c'était elle.
Aujourd'hui, ce fut encore elle. J'admire une telle résolution, une telle force de volonté, mais je n'y arrive pas...

J'ai été absent, du début à la fin. Je n'ai jamais rien dit, quand bien même je désirais exactement la même chose. Et ça nous a joué des tours...


C'est une page qui se tourne, l'aventure continue différemment, mais on ne veut pas s'arrêter.

C'est une rupture, avec son lot d'incertitudes, de reproches et d'amertume. Est-ce que ces derniers mois étaient utiles? Est-ce que je t'en veux pour ce week-end? Pourquoi a-t-on mis tant de temps à parler de tout ça... Etc.
Inutile.

Mais ça s'inscrit dans la trace de notre relation, qui ne pouvait plus continuer à se mentir.

Ca me va. J'ai peut-être toujours pensé qu'il valait mieux qu'une rupture soit conflctuelle, mais là c'est différent.
Car elle n'est pas n'importe qui. Elle est celle que j'ai le plus aimé, ma plus belle histoire, celle par qui j'ai découvert les sentiments dans leur essence la plus pure, la seule avec qui j'ai osé, malgré tout... Elle a changé ma vie et elle a encore un rôle capital à y jouer. Lequel?

A Elle de me le dire...
10 avril 2007
Blah n° 19 : Post mortem
"Verba, sicut gladia, interficere possunt."
Les mots, de même que les épées, peuvent tuer.
Et ce soir tous les mots me tuent. Les mots roulent, les larmes coulent. J'ai tant prié pour que ce putain d'avion s'écrase... Je deviendrai lâche?
Bonne blague. J'ai toujours été un lâche.
Un couard qui détourne les yeux devant la vérité, qui contourne toujours les obstacles par des moyens bas et secrets. Je mens tant que je me perds dans mes propres mensonges.
Et ces rêves... Ces rêves d'un accomplissement, d'épanouissement ou tout simplement de reconnaissance et d'admiration, ces rêves où je me vois tour à tour étudiant, professeur, mélomane... Même ces visions me mentent, et me tuent.
Ce ne sont pas que les concours. Ce n'est pas que cette pression constante, cette obsession du résultat, la mauvaise conscience... La réponse est bien plus dérangeante, plus pernicieuse, comme cachée dans les méandres d'une redoutable schyzophrénie : Je serais Malheureux?
 
Non.
La vérité, c'est que je ne reconnais plus le bonheur. Rien n'a changé, tout est là autour de moi, mais je ne vois que du noir. Tout se passe comme si je refusais d'admettre l'existence d'un bien-être à venir. Et les moindres mots peuvent être des épées qui me traversent de part en part, et des blessures dont je guéris lentement... Si lentement.
Pardon à tous et à toutes. C'est ce que disent les lâches.
18 mars 2007
Blah n° 18 : Lamento d'une caillasse
L'année dernière, je suis rentré en Prépa.

Après quelques mois d'inactivité notoire, j'ai pensé à tous les suicides supposés dus au stress et à la compétition. J'ai ri.
Un an et plusieurs mois ont passé. Et je ne ris plus du tout.

Même sans avoir rien fait pendant tout ce temps, même en ayant tourné en dérision les échéances et la pression subie, aujourd'hui la Mort est là. Au fond de mon âme...
Et je comprends tous ces desespoirs, tous ces esprits désemparés qui ont laissé leur corps tomber en bas de ce quai, sur les rails brûlants et sous les roues implacables des trains.
Je ressens aujourd'hui jusqu'au fond de mes os le sentiment affreux... Celui de n'être "rien".

Un "rien" humain, tout juste capable de savoir que tout ce qui a une conscience lui est supérieur.
Un agrégat de matière balloté par les vents, qui croit pouvoir devenir quelqu'un... et puis qui n'espère plus. Je suis devenu, pour ainsi dire, un caillou.

Les évaluations vont plus bas que terre. "Qu'importe, se dit-on, je sais que ça n'est pas révélateur de mon intelligence". Non, en effet. Ce que cela révèle, c'est notre aptitude à être intégré. Ni plus ni moins.
Intégré à la profession, intégré au commerce, intégré à tous les petits riens qui, au bout du compte, forment quelque chose. Intégré à la vie, tout simplement.

J'ai une vie familiale. Instable, envahissante, mais bien présente.
J'ai une vie sociale. Je crois. Je n'en suis plus très sûr. Depuis combien de temps est-ce que je ne sors plus? Cela fait une eternité que je ne me suis pas confié à quelqu'un, sur des doutes, des joies des peines...
Je n'ai pas de vie professionnelle. Je n'en aurai pas. Je suis un caillou.

Je ne me plains pas, je ne ressens rien. Juste le Vide autour de moi, et en moi. Cette impression qu'il n'y a plus personne, et que celle que je chéris dépérit elle aussi. Je ne veux pas qu'elle souffre, mais je ne peux rien faire, il paraît... Peut-être qu'elle ne peut rien pour moi, elle non plus.

Comment ai-je réalisé tout cela?
"Tu devrais avoir plus confiance en toi..." ; dit par quelqu'un qui ne me connaît que très peu, et à qui je n'avais rien dit.

Voilà ce qui est parti, ce qui s'est enfui entraînant avec lui mon humanité. Ma confiance, mon estime, mon orgueil...

Tous ces mots qui ne veulent plus rien dire pour un caillou.
18 février 2007
Blah n° 17 : Sweet sixteen
Bientôt 16 mois.



C’est long. Deux fois ma plus longue histoire avant celle-ci.
C’est court. A notre âge, certains en sont au double. Mais ils ne sont pas nombreux…
 
Je me souviens de tout. Des détails de certaines conversations, certains regards, certaines étreintes et de certaines ambiances me parviennent de façon si nette que j’ai peine à croire le chemin parcouru.
 
Du 28 octobre 2004 à aujourd’hui, 17 février 2007, en passant bien sur par le 24 octobre 2005, le 31 décembre 2005, 25 mars 2006, juillet et août 2006…
Une perte de conscience le 17 septembre 2006. Un silence, puis le son revint, tout doucement, jusqu’à aujourd’hui.
 
Après le 24 septembre 2006, et le regain d’espoir, il y eut l’incertitude. L’édifice, que l’on croyait parfait, avait tremblé. Il fallait réapprendre la prudence, ne plus penser que les choses vont toujours de soi.
De mon côté, les sentiments se succédaient. Espoir, peur, confiance, ressentiment, désir, méfiance…
Amour ? En y réfléchissant, il ne m’a jamais quitté.
 
D’aucuns pourraient penser que cette instabilité était révélatrice d’un essoufflement, que les difficultés éprouvées à la suite de notre réconciliation n’étaient que les témoignages d’une relation vouée à l’échec et que l’on maintenait artificiellement en vie…
 
Erreur. Grossière erreur.
Les débuts de notre histoire sont chargées d’explosions de désir et d’amour, d’expression de sentiments irrépressibles, d’euphories et de crises de larmes, et bref, de passion.
Aujourd’hui nous sommes plus mesurés. Plus prudents. Nous faisons toujours des projets, mais sans nous contenter d’en rêver béatement et de le chuchoter sans oser y croire.

Aujourd’hui l’avenir nous amène un danger, mais également l’accomplissement de ces projets. Tout est là, vers l’horizon.


Et jamais, même lors de nos jours plus tendres et lors de nos plus belles nuits, jamais je ne l’ai autant aimée qu’aujourd’hui.




«Un grand amour ne suffit pas à attacher l’être qu’on aime si l’on ne sait en même
temps remplir toute la vie de l’autre d’une richesse sans cesse renouvelée. »

André Maurois

16 janvier 2007
Blah n° 16 : Entomophobia
Que m'arrive-t'il?

Ma tête est lourde, mon pas chancelant... Ma silhouette courbée ferait presque peur à voir, ma voix disparaît et  des quintes de toux entrecoupent mon discours. Mal de crâne perpétuel, les veines battent étrangement à mes tempes. Je relève la tête et il y a du sang sur ma table...

J'aurais presque peur de me remettre à pleurer du sang, comme dans mon enfance...

Et arrive le moment d'étendre cette masse de muscles et d'articulations endolories, de fermer les yeux.
Dormir. C'est l'instant paroxystique, l'acme du malaise et du délire, l'irruption subite dans un monde sans envers ni endroit. Des rêves, que dis-je, des cauchemars peuplés de terres arides, d'étranges golems sans yeux et sans vie, de corps peu vétus qui, dans leur folles danses, m'effleurent, me déstabilisent et me dégoûtent...
Et d'insectes, immondes et grouillants. Par milliers. Entomophobia...


Voilà une fièvre que j'ai bien du mal à chasser, et j'ai rarement vu une infection bénigne engendrer pareils effets. Je veux retrouver un esprit clair, et arrêter ces saignements...
24 août 2006
Blah n° 15 : Où je me termine, et tu commences...
There's a gap in between,
there's a gap where we meet,
where I end and you begin...
And I'm sorry for us
The dinosaurs roam the earth
The sky turns green
where I end and you begin...
I'm up in the stars,
I'm up in the stars
and I can't, and I can't
come down...
I can watch but not take part
where I end and where you start,
where you... you left me alone...
You left me alone.
X will mark the place,
like parting on the waves
like a house falling in the sea
In the sea...
I will eat you all alive, and there will be no more lies

J'ai renoncé à traduire, mieux vaut profiter du texte en V.O.
01 juillet 2006
Musique n° 3 : Nous autres, Français
Dans notre cher climat d'américanisme, on aime bien fustiger la nouvelle culture française. Alors les Frenchies ne sont bons qu'à cuisiner et organiser des défilés? Le rock français n'existe pas, la scène française est naze?
Détrompez vous! Dans le domaine musical par exemple, on voit émerger ça et là, en furetant un peu, de réels talents dans le paysage sonore français.
Je vous parlerai ici de 3 d'entre eux, mais il en existe bien d'autres.
1) Munshy

Voilà un groupe impressionnant. Il réunit 5 musiciens de la banlieue Est parisienne, 5 personnes issu du même milieu social (comprendre par là : "des gens pas riches du tout" ) et un peu dérangés dans leur tête. En effet, ces 5 jeunes gens se sont mis en tête de jouer du "Trip-hop/Rapcore/Metal".
Et vous savez pas le pire? Ils y arrivent parfaitement.
Emmenés par leur chanteuse/rappeuse/hurleuse Faustine et par leur génial batteur Nooka (un original qui bat comme personne, d'une façon très nouvelle), ce combo de Marne-la-Vallée nous sert une musique mystique tantôt douce, tantôt furieuse, avec quelques perles expérimentales, comme la chanson "Liberate". A découvrir si on aime l'un des trois styles.
2) Flying Pooh

Là, on change de registre. 5 membres également pour ce groupe originaire d'un peu partout, principalement de la région parisienne. 5 membres complètement barges, musiciens confirmés et expérimentés qui aiment eux aussi la fusion des genres. Ce qu'on remarque en premier, c'est le caractère "rigolo" de leurs albums ; les chansons partent n'importe où, le scabreux leader Satanus chante sur les obèses comme sur le toucher rectal.
Mais au-delà de ça, leur volonté est clairement expérimentale : chaque chanson a sa griffe personnelle, les arpèges sont recherchés et les rythmes pas évidents. Les genres se heurtent, se mêlent, fusionnent ensemble pour donner des titres résolument décalés, à l'image de l'inquiétant "Be fat".
3) Louise Attaque
Alors oui, je vous vois venir avec vos gros sabots : "Mais Louise Attaque c'est super connu, pourquoi tu nous en parles, on connaît, c'est sympa, etc..." (Merci Thomas pour cette phrase que je peux quoter ^^)
Certes. Mais ce n'est pas seulement "sympa".
Les membres de Louise, et plus particulièrement le chanteur/auteur/guitariste Gaëtan Roussel, sont très talentueux, il faut s'en rendre compte. Outre leur musique folk toujours très juste, très agréable et bien trouvée, ce qui fait la différence avec les autres, ce sont les textes.
Quand on les lit comme ça, sans musique, ils étonnent. Bien souvent il n'y a pas de syntaxe, les phrases ne se finissent pas ou commencent bizarremement:
"Suis-je aussi maladroit, et tristesse à la fois, tu vois je rêve encore, marcher plus vite, je veux pas"
Gaëtan Roussel aligne les mots selon la musique et selon les émotions. Il ne se soucie guère de coller aux lois du langage et de l'élégance rhétorique, il exprime le sentiment directement avec les mots qui lui viennent. Et, contre toute attente, cela donne de véritables perles. Les textes de Louise Attaque adhère à la musique, la suive de près et il en ressort une émotion très naturelle, brute.
Merci Claire de m'avoir fait découvrir le 2nd album, qui est une perle, un disque génial à de nombreux égards, malheureusement moins bien accueilli par le grand public que leur premier disque, pourtant moins abouti et mature. Achetez-le, écoutez-le sans aucun a priori d'aucune sorte, et évadez-vous. Et ne venez plus me dire après que la scène française est essouflée et qu'il n'existe plus de bons groupes depuis Noir Désir!
19 juin 2006
Blah n° 14 : Que s'est-il passé?
M. Rousseau, vous me donnez envie de mourir.
De rester assis sur mon lit, de sentir tout doucement ma gorge se serrer, mes yeux se fermer, et la vie s'enfuir...
Je ne suis pas un trVe goth, je ne fantasme pas sur la mort, je ne me scarifie pas. Je ne voue pas un culte à la mort et au suicide.
Mais ce matin-là, il y a eu un déclic dans mon esprit.
Je me suis levé, ai fait quelque pas. Fatigué. Ma carcasse obéit avec difficulté. Douche, habillage, tramway,...
Et là, devant cette porte, je me suis arrêté net. Devant une de ces portes à sens unique qui permettent de sortir de la zone, qui sont par rang de cinq et que tout le monde, le matin, emprunte en se bousculant.
Oui, ma main a touché le métal froid, ma vue s'est obscurci et tout s'est arrêté.
"Pourquoi?"
Je tourne la tête, je vois tout le monde se presser et me dépasser pour que je ne les freine pas dans leur élan. "Où vont-ils? Et surtout, pourquoi?"
Ce jour-là je suis arrivé en retard. Il m'a fallu convaincre mes jambes de continuer leur marche jusqu'à la prépa.
Ce n'est pas la première fois qu'une telle remise en question de tout me tombe dans l'esprit. Mes proches, alors, ne me reconnaissent pas. Personne ne comprend pourquoi je doute, ni moi d'ailleurs.
Remontons à l'origine, voulez-vous?
Homme d'affaires autoritaire, sûr de lui, un professionnel du marché. Il a plusieurs règles en têtes ; il ne les transgresse jamais. Il n'a qu'une peur : l'opinion, le regard des autres. Car s'il est aujourd'hui dans le Who's who, il n'arrive pas à faire oublier son enfance dans les bas-fonds de Marseille.
Elle est une bourgeoise qui joue les hippies, simplette d'esprit mais cultivée. Et, par dessus-tout vertueuse. Elle aime ses enfants plus que tout au monde, elle les protège, les entoure de mille soins.
Ensemble ils forment un couple modèle, amoureux après des années de mariage, proche de ses enfants. Une quasi-incarnation de l'idéal familial médiatique.
Hélas, de ce sol fertile et promis à toutes les réussites ne jailliront que de "mauvaises herbes".
Le 1er sera victime de cette passion de la mère pour sa progéniture : Il ne sortira jamais du giron maternel. Il n'arrivera jamais à voir la vérité en face et à accepter sa condition : une "patate de divan", stérile et associale.
La 2ie aura tous les avantages de la Nature, mais aussi toutes les peines du monde à être respectée. Dotée d'un mauvais caractère à la limite de la pathologie, on la verra hurler dans les restaurants, ivre morte, à soutenir que tous ceux qui ne la suivent pas dans sa colère ne sont que des lavettes et des idiots, avant de s'effondrer en larmes et d'hurler son envie de mourir.
Et le 3ie... Vous en savez suffisamment rien qu'à la lecture de cette page.
Je ne dis pas que c'est grave. Tout être humain est plus ou moins un cas. Mais... Que s'est-il passé?
A-t-on échangé les enfants à la naissance? Quelle faille, dans notre éducation qui dans toute la famille a été considérée comme "parfaite", a amené à de tels désastres affectifs?
On ne peut pas rejeter la faute sur la mort de Maman ; les dégats étaient déjà visibles bien avant.
Une belle famille, soudée, bien comme il faut, des parents présents, une éducation juste sans être ni trop laxiste ni trop sévère, un dialogue permanent...
Et à la clé, un belle brochette d'inadaptés légers. L'un regarde sa vie fuir, avec des yeux d'enfants, une autre cède à son tempérament, lui laisse dicter toute sa conduite, et le dernier reste assis sur son lit, à attendre la Mort sans oser l'espérer...
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